Cinq étoiles, synonymes de sérénité et d’élégance chinoise

Inspiré par la légende mystique de Tanggula, un paradis niché dans le paisible paysage montagneux de Qingzhang, le groupe d’investissement chinois HNA a choisi le nom « Tangla » pour sa chaine d’hôtels 5 étoiles qui se développera à travers toute l’Europe. Pour initier le projet, ils choisissent Bruxelles, le cœur de l’Europe. L’ambition est d’offrir un cadre élégant et un service d’excellence à une clientèle tant européenne qu’asiatique.

Compagnie aérienne en 1993, le Groupe HNA est devenu en 20 ans un conglomérat qui emploie plus de 180 000 personnes à travers le monde. En développant une offre hôtelière de luxe, le Groupe vise à promouvoir la culture chinoise, ses arts et ses traditions d’une façon contemporaine. 

Au-delà d’un service extrêmement soigné, l’hôtel devait traduire cette magnificence dans son architecture et dans la beauté des lieux. Les équipes, dont les standards étaient différents, qui ont été retenues pour la réalisation de ce projet d’envergure ont su s’adapter aux critères d’exigence extrêmement élevés de la part du maître d’ouvrage. Une expérience que deux d’entre eux ont accepté de partager avec nous.

Sébastien Lemaître

Sébastien Lemaître

Bureau d’architecture Montois Partners Architects

Sébastien Lemaître a suivi toute l’exécution du chantier. Une expérience qui marquera son parcours professionnel. Il nous en livre quelques bribes.

Le groupe HNA a-t-il eu des exigences particulières au niveau de l’architecture du bâtiment ?

Il faut savoir que le Groupe a racheté l’ancien SodeHotel pour lequel notre bureau avait déjà réalisé des plans d’agrandissement qui n’avaient jamais été mis en œuvre. Ces derniers avaient été acceptés par la commune et l’UCL et ne pouvaient être modifiés. Ce n’est donc pas dans son architecture extérieure que le projet reflète le mieux ses inspirations asiatiques. Par contre, c’est dans la décoration et l’architecture intérieure assez impressionnante que la culture chinoise se reflète le mieux. Le bureau de Singapour de la société de design HBA a imaginé les moindres détails. Notre bureau a eu la chance de réaliser tous les plans de détails des différents éléments conceptualisés.

Toute la décoration a été créée sur mesure et réalisée par des artisans du monde entier.

Avez-vous ressenti de grandes différences entre la manière de travailler asiatique et européenne ?

Oui, je dois reconnaître qu’au début, il m’a fallu un temps d’adaptation et leur expliquer comment les choses fonctionnent en Belgique. Ce n’était pas toujours facile. Un bon exemple, ce sont les délais. Là-bas, lorsqu’un chantier prend du retard, la pratique veut que l’on engage massivement du personnel pour résorber le retard.

Cette façon de faire est évidemment impensable en Belgique. Nos règles sociales ne sont absolument pas les mêmes.

Mon regard a changé par rapport à la Chine. Je suis content de mieux connaître leurs us et coutumes. Suivre un tel chantier est une chance unique.

À quoi les Chinois sont-ils particulièrement attentifs ?

Ils apportent énormément d’importance à la finition. Tout doit être parfaitement réalisé ou alors recommencé. Ils font d’ailleurs appel aux sociétés en qui ils ont confiance. C’est un véritable critère de choix pour eux. Cette confiance tient de la réputation que vous avez, du feeling qu’ils ont en vous serrant la main ou encore si l’un des leurs vous a recommandé. En Chine, plus que la signature d’un contrat, c’est la poignée de main qui engage.

Y a-t-il certaines particularités dans l’aménagement intérieur qui vous ont marqué ?

L’aménagement du restaurant n’est pas la même qu’en Europe. Outre la salle principale, il y a plein de petites salles qui permettent d’avoir des repas privés de 8 à 16 personnes. Dans chacune des salles, il est possible d’organiser un karaoké dont ils sont très friands et une porte donne directement vers l’extérieur. Il y a aussi, proche de l’espace-bar, un espace spécifique réservé à la dégustation du thé.

De même, dans les chambres, le projet prévoyait à la base l’installation de baignoires dont la moitié était un siège. Ce genre de sanitaire ne correspondant pas du tout à nos standards européens, après de nombreuses tergiversations, ils ont finalement décidé d’installer une douche à l’italienne !

Au niveau de la réalisation du bâtiment avez-vous rencontré certaines difficultés ?

Ce chantier a duré près de 4 ans si j’inclus la piscine et l’espace Wellness qui a été réalisé dans un second temps. Durant cette période, je suis venu sur le chantier quatre jours par semaine avec un de mes collaborateurs. C’était incroyable ! Le chantier était gigantesque, les délais étaient très serrés, la communication prenait du temps puisque tout se passait avec des traducteurs. En outre, la pyramide hiérarchique est très différente en Chine qu’en Belgique.

Les gestionnaires du projet, qui avaient élu domicile à Bruxelles, devaient constamment s’en référer à leur supérieur qui devait lui-même prendre l‘avis d’un plus haut gradé avant de prendre une décision. C’est un processus dont il faut tenir compte et accepter pour pouvoir avancer et être constructif. Il faut savoir s’adapter et tout le temps trouver des solutions.

Orlando Novais

Orlando Novais

Directeur de l’entreprise de plafonnage MCO

Orlando Novais a exécuté tout le tra- vail de parachèvement pour l’entreprise générale Strabag avec 28 de ses hommes. Il choisit de travailler avec Knauf afin de garantir les solutions techniques ingénieuses nécessaires à la réalisation de ce chantier.

L’hôtel Tangla était un chantier d’envergure, quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Nous avons l’habitude de réaliser de gros chantiers comme celui-ci.
Personnellement, j’aime bien avoir des défis à relever. Tous les plafonds étaient dessinés avec des gorges lumineuses, tous les murs devaient être éclairés par de la lumière indirecte rasante. Il a fallu travailler au centimètre près. Dans la suite présidentielle, ce sont 6 gorges lumineuses qui s’encastrent les unes dans les autres. J’ai fait le compte : nous avons installé 30 000 m de gorges dont tous les bords ont été meulés à 45° à l’atelier pour une finition impeccable.

Quel a été l’apport de Knauf dans la réalisation du chantier ?

Etant donné que nos méthodes de travail sont fort différentes des méthodes chinoises, il a parfois fallu convaincre. L’appui de Knauf est essentiel dans ces cas-là. La marque est connue et leur attestation donne force à nos propos. Plusieurs fois, le représentant de chez Knauf est passé sur le chantier pour confirmer notre manière de travailler le produit et garantir le résultat final.

Le meilleur exemple est lorsque nous avons décidé de faire les joints entre les plaques avec de l’Uniflott sans bande d’armature. Même le conducteur de chantier de chez Strabag avait du mal à croire que le résultat final serait nickel… et pourtant, ce fut le cas.

Personnellement, j’aime bien avoir des défis à relever. Tous les plafonds étaient dessinés avec des gorges lumineuses, tous les murs devaient être éclairés par de la lumière indirecte rasante.

Tout le chantier a été fait avec des produits Knauf ?

Le contact avec le représentant fait toute la différence. Ensuite leur large gamme de produits est un atout.

Nous avons utilisé énormément de plaques pour les plafonds puis nous avons projeté du crépi afin d’atteindre un meilleur résultat acoustique.

Y a-t-il eu des réalisations particulières dans ce chantier ?

Nous avons réalisé la finition d’un escalier construit en béton brut. La surface complètement irrégulière et la forme tournante rendaient la tâche très difficile.

Nous avons en définitive trouvé une solution et le résultat est assez bluffant. Personne ne voyait exactement comment faire, mais cela fait 17 ans que j’ai ouvert ma société et je peux vous dire que des solutions, j’en ai trouvé plus d’une !