La lanterne qui éclaire les décisions du conseil de l’Union Européenne

 

L’Etat belge a cédé au conseil européen, à l’étroit dans son bâtiment, le bloc A de l’ensemble immobilier “Résidence Palace” pour en faire son futur siège. Un projet architectural contemporain et audacieux qui prévoit de refermer le bâtiment pour en faire un cube de verra abritant une lanterne.

Un bâtiment historique

Construit entre 1922 et 1927 sur base des plans de l’architecte Suisse Michel Polak, le Résidence Palace représente une tentative de logements collectifs, sous forme d’appartements hôteliers de haut standing, près du centre-ville. Après la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment de style Art-Déco est transformé en bureaux par les services de l’Etat belge.

Une ambition architecturale  forte

Philippe SAMYN et les membres de l’équipe lauréate du concours prennent  le  parti  d’organiser l’espace extérieur en un atrium de verre et de placer en son centre le nouvel édifice. Cette lanterne suit la surface minimale requise de chaque salle de conférences. Les étages de ce volume elliptique ont des dimensions différentes mais s’articulent autour d’un même axe principal offrant une structure rigoureusement symétrique. La face extérieure est composée d’un ensemble de châssis en bois avec vitrage cristal récupérés à travers toute l’Europe. Ces vieux châssis, abandonnés au profit du double vitrage, retrouvent ainsi une nouvelle vie grâce à l’économie  circulaire.

Un  chantier d’envergure

Ce chantier s’avère très rapidement être colossal. Dix années se seront écoulées  entre  l’attribution  du marché et l’inauguration. Le nombre d’entreprises spécialisées qui interviennent sur le site est incroyable. La coordination des équipes, assurée par l’association momentanée Interbuild – Jan de Nul, est l’élément clé qui permet d’atteindre le résultat final escompté. Des entreprises de renommées sont désignées pour exécuter les différentes parties du chantier : l’entreprise Beddeleem prend en charge le parachèvement du bâtiment.

« L’entreprise générale souhaitait faire ce projet avec nous étant donné l’expertise que nous avions acquise depuis de nombreuses années dans des chantiers compliqués. Lorsque nous avons remis offre, nous nous  rendions compte que ce serait un projet extrêmement complexe. Il était toutefois impossible d’imaginer, dès le début, tous les problèmes que  nous allions rencontrer. »

Jochen Daneels

Ingénieur industriel, a suivi le chantier durant 5 ans pour la société Beddeleem

Une solution technique sur mesure

La partie la plus compliquée est la liaison entre la lanterne et l’aile existante du Résidence Palace. Cette dernière doit être faite de cloisons dont la résistance au feu est de deux heures car les trémies techniques se situent juste à côté. Très rapidement, des études sont lancées avant de poser certains choix.

« Il nous aura fallu un an de recherche. Heureusement que nous avons pu compter sur différents partenaires pour y arriver. Sans une bonne collaboration, c’était impossible. Cette situation générait évidemment un stress incroyable, sachant que le démarrage des travaux techniques et donc toutes les interventions postérieures, dépendaient de ces trémies. Les choses ont pris du temps mais elles ont été faites dans l’ordre, ce qui a évité bien des problèmes par la suite. », constate Jochen Daneels.

La performance au feu doit toujours être démontrée sur base d’un  essai. Si le choix des matériaux est identique à du matériel déjà testé, l’ISIB peut accepter l’extension du test. Si par contre la situation est exclusive,  un  nouveau  test  au  feu doit être réalisé. La forme courbe de la lanterne, l’épaisseur de la paroi,  la charpente métallique de la structure portante constituaient des éléments absolument uniques, encore jamais réalisés. Pour résoudre ce casse-tête chinois, Beddeleem s’est tourné vers Knauf. « L’enjeu était de taille. Le temps et les budgets consacrés devaient impérativement déboucher sur une solution. C’est Knauf qui a proposé la réalisation d’une structure métallique au moyen de barres à béton, recouvertes de part et d’autre par des treillis métalliques Stucanet. 

Le treillis avec un carton perforé de support a servi de support à la première projection de plâtre. Sur base de son expérience technique, Knauf a considéré que l’épaisseur devait atteindre 110 mm afin que la structure résiste au feu durant deux heures. La difficulté était alors  de travailler en plusieurs passes successives  l’enduit  de  plâtre MP30 F pour atteindre l’épaisseur requise. Des règles en bois courbes ont été spécialement conçues  pour ce travail. Nous étions tous présents lors de l’essai au feu réalisé au laboratoire de l’Université de Liège. C’était à la fois une joie mais surtout un énorme soulagement lorsque la structure a résisté au feu pendant 185 minutes. L’équipe de Knauf s’est vraiment impliquée dans le projet et c’est une collaboration dont je garde un excellent souvenir. », raconte Jochen Daneels.

Un chantier marquant

L’entreprise Beddeleem a pour mission la pose de cloisons de  plâtre, plafonds métalliques, vitrages acoustiques,  faux-plafonds, habillages des colonnes, cloisons amovibles… « Personnellement, j’ai vécu une expérience extraordinaire sur ce chantier. Je l’ai suivi pendant  5 ans avec un assistant, un dessinateur qui a refait tous les plans en 3D de la lanterne et un  conducteur de chantier. Nous étions parfois 120 personnes en même temps sur le chantier. Notre travail et notre manière positive d’aborder les choses ont été appréciés par beaucoup. Dans une carrière, on n’a pas souvent la chance de pouvoir suivre des chantiers pareils…moi je l’ai eue ! », finit Jochen  Daneels.

de superstructure

dont 9.271 m² de salles de conférences, 27.163 m² de bureaux, 3.370 m² de locaux pour la Presse, 8.375 m² de locaux de cérémonies et de restaurant

d'infrastructure

dont 145 emplacements de  parking

EN QUELQUES CHIFFRES

3.000 m² de cloisons amovibles

30.000 m² de cloisons en plaques de plâtre

9.000 m² de faux-plafonds en plaques de plâtre

3.000 m² de faux-plafonds type JB Ceiling

17.000 kg de structures en acier

600 pc de caches-colonnes sur mesure

150 cabines d’interprétation